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LA VIEILLE…

petitefolie72

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 Mains de la jeune femme avec la peau ridée Banque d'images - 5695967

*

 



*

LA VIEILLE…

 Il était une fois un petit village de montagne en hiver.
Rien ne le différenciait des aut
res alentours quand vous y arriviez… Quelques petites maisons en bois d’où la fumée signalait sur le toit de chacune d’elles, les habitants bien au chaud au-dedans.
Paisible et, bien ordinaire…
Quoique !
Tout en haut, il y a avait la plus vieille d’entre elles, rarement la fumée sortait de sa cheminée bien délabrée.
Dans les villages voisins certains disaient que c’était la maison d’une sorcière.
Ceux qui ne savaient pas pouvaient penser même qu’elle était abandonnée.
Il n’en était rien.
Depuis, toujours y vivait une femme qui de mémoire d’habitants avait toujours été là…

Quand on arrivait à la voir pour la première fois, certains avaient peur d’elle. Pas un sourire, pas un mot gentil… pas même un bonjour ne sortait de sa bouche toute ridée.
Quelques idiots faisaient peur à leurs enfants en leur disant que s’ils n’étaient pas sages, ils seraient déposés devant chez elle… pour qu’elle les brûle comme de simples copeaux de bois.

 

Il est vrai que l’apparence de la « Vieille » comme tout le monde la nommait pouvait surprendre. Mais, elle ne dérangeait personne… alors, pourquoi l’ennuyer… les gens différents sont toujours sujet à raillerie… souvent par ignorance et, pour quelques-uns par idiotie. Je l’avoue.
Pourtant dans son village, elle faisait partie du paysage.
Maître Louvet, le ferronnier qui était le plus âgé de tous les habitants se souvenait que tout petit, il aimait passer près de chez elle.
Elle était comme maintenant pas moins jeune, ni plus causante. Mais, elle le regardait passer sans un sourire sur son visage… arrêtant la moindre activité qu’elle pouvait être en train de faire… car elle entretenait toute l’année son semblant de jardin…et, l’hiver par temps de neige, elle déblayait encore et, encore sans relâche. Cela pouvait durer des heures… même par un froid glacial, elle œuvrait inlassablement.
Quand il passait et, qu’elle le regardait… il se sentait… bien !
Il ne savait pas pourquoi mais son regard déposait sur son âme comme du bien-être…
" De la magie ou de la sorcellerie, voilà ce que c’est… ! "
Peut-être, mais qu’importe ce qu’il pouvait entendre quand il racontait cela chez lui.


Les saisons passèrent, les ans aussi…
Même encore quand il ne va pas bien… il monte devant chez elle… et, la même sensation l’envahie… c’est ainsi.
Seulement, maintenant et, depuis quelques années… il sait son secret.
Voilà, ce qui se passa un matin de janvier :
Maître Louvet, fraîchement marié, venait de se lever quand il vit en ouvrant ses volets de bois que la neige était tombée toute la nuit. Le sol était recouvert d’un magnifique manteau blanc scintillant…
Après avoir bu un café bien chaud et, embrassé sa femme adorée… il partit travailler.

 
*

Une idée lui traversa l’esprit, comme une évidence… il allait avant passer devant chez la « Vieille » pour voir si elle serait à déblayer la neige comme tous les ans. Bien sûr, cela allait rallonger un peu son trajet de passer par là… mais tant pis, marcher dans la neige était un de ses plaisirs.
Plus, il montait vers la maison de la « Vieille » plus son cœur se serrait… il se dit, qu’il ne commençait certainement pas à se faire vieux mais bien qu’il ne faisait pas assez d’exercice depuis qu’il avait sa petite femme pour lui faire de si bons petits plats. Il sourit.

 
*

Il arriva devant la maison mais point de « Vieille » en vue. Sa porte était toute blanche ce qui indiquait qu’elle n’avait pas été ouverte depuis la veille au moins. L’unique volet n’était pas mieux.
Maître Louvet passa son chemin… mais, d’un coup… il le rebroussa… ce n’était pas normal… il y avait quelque chose de bizarre.
La cheminée ne fumait pas !
Même, s’il lui arrivait de moins fumer que les autres cheminées du village, par ce temps elle aurait dû fumer.
Peut-être, que la « Vieille » était souffrante ou était-elle tombée… ou pire !
Bien sûr, il dû prendre sur lui pour oser ce qu’il allait faire. Mais, sa conscience était plus forte que ses craintes.
Il avança avec peine jusqu’à la porte tant la neige était épaisse. Il cogna… un coup, deux coups… Rien !
Il colla son oreille contre le bois de la porte après avoir cogné et, crié plusieurs fois :
- « Tout va bien ? »
Aucune réponse, aucun bruit…
Que devait-il faire, se dit-il… Laisser et, partir… Après tout, elle faisait ce qu’elle voulait… Non ! Ce n’est pas possible… Tant pis, se dit-il…
- « Je vais forcer votre porte… » dit-il en donnant un fort coup d’épaule dans celle-ci.
La porte céda.
Au début, ses yeux eurent un peu de mal à voir à l’intérieur. Il avança en disant :
- « Je suis désolé, mais je m’inquiète de ne point vous voir dehors comme à l’habitude… c’est moi… je… »
A cet instant, il entendit une voix douce et, cristalline :
- « Entre, petit Pierre soit le bienvenu… »
Elle connaissait son prénom, le même prénom donné à tous les premiers garçons nés dans ma famille depuis toujours, je crois…et, sa voix était si douce… si chaude…
En un instant, maître Louvet était redevenu un petit garçon tant il était ébahi par ce qu’il vit.

 

La « Vieille » était assise près de sa cheminée où le feu crépitait joyeusement. Elle le regardait avec un merveilleux sourire aux lèvres… ses yeux d’un bleu profond pétillaient de malice. Elle était belle… vraiment très belle, malgré les rides qui dessinaient comme des chemins plus ou moins tortueux son visage. Elle rayonnait, même.
Il se frotta les yeux, croyant rêver ou était-il tombé fou par ce froid glacial…
Elle rit en lui disant :
- « Non, tu n’es ni fou ni en train de rêver mon petit Pierre… je suis bien la « Vieille » que tu connais.
Maître Louvet… enfin, petit Pierre se sentait comme pris en faute.
- « Nous ne connaissons pas votre nom aussi… »
La « Vieille » sourit et, dit :
- « Ne t’inquiète pas, cela ne me gêne en rien que vous m’appeliez ainsi… il est vrai que je le suis vieille même si j’ai un prénom comme tout un chacun. C’est même devenu pour moi comme une marque d’affection. Du moins dans la bouche de certains… dans la tienne par exemple.
Assieds-toi.
Ton inquiétude à mon égard me touche infiniment.
Veux-tu une tasse d’un bon café tout chaud ? »
Petit Pierre s’assit près d’elle et, accepta en opinant du chef.
La « Vieille » se mit à rire…
- « Te voilà muet, aussi toi ? »
- « C’est que… »
- « Parle petit Pierre, tu peux dire tout ce qui te trotte dans la tête… même si j’entends tes mots qui tentent de sortir d’un incroyable méli-mélo… hi, hi »
- « Vous entendez… »
- « Oui, mais que cela ne t’empêche pas de les dire avec ta voix et, dans l’ordre de préférence… hi, hi… »


*

Petit Pierre se mit à sourire… il se sentait si bien. Il faisait chaud… le café sentait bon… le regard et, la voix de la « Vieille » étaient si chaleureux… qu’il ne pensait plus à rien d’autre que de vivre ces moments intensément.
- « Pouvez-vous m’expliquer pourquoi … si ce n’est pas trop indiscret… êtes-vous une sorcière ou je ne sais quoi… mon grand-père vous appelait déjà la « Vieille » car vous l’étiez déjà… n’avez-vous jamais été jeune… et, pourquoi êtes-vous toujours vivante… je vous prie de m’excuser par tant de questions et, certainement d’un manque de savoir-vivre mais… »
*

La « Vieille » prit la main de petit Pierre et, dit :
- « Tu es tout pardonné si même qu’il n’y ait rien à pardonner. Je ne suis pas une sorcière… j’ai été jeune, il y a bien longtemps… et, vivante je le serai à jamais…Mais avant de te dire mon secret, il faut que tu me fasses la promesse que jamais tu ne le dévoileras… »
- « Jamais, je vous le promets. Je sais garder un secret. »
- « Je le sais car depuis que tu es né, je t’ai vu devenir l’homme que tu es. Tu es droit, sincère. Tu ne juges pas l’Autre rien que pour le plaisir. Tu es un homme bon. Ton inquiétude de ce matin, le confirme s’il en était besoin. Alors, je vais te le dire ce secret. »
- « Merci, il sera à jamais dans mon cœur… je… »
- « Chut, il te faut écouter et, point parler… »
Petit Pierre, n’était plus maître Louvet…
Si vous pouviez le voir assis les yeux écarquillés, la bouche ouverte… osant à peine respirer… Un p’tit bout devant ses jouets un matin de Noël…Pareil !
*

*

La « Vieille » se mit à parler :
- « En 1870, j’étais une jeune femme amoureuse… hélas, mon bien-aimé est parti à la guerre. Ne le voyant pas revenir…j’ai fait un pacte avec le diable… qu’il prenne ma jeunesse, ma vie même mais que celui que j’aimais soit épargné.
Bien sûr, je ne mesurais pas ce que je demandais… L’amour est un si fort sentiment que l’on se sent prêt à tout et, n’importe quoi pour l’être aimé.
Au lieu de prier comme chacune dans le village… je réitérai inlassablement cette demande en interpellant le diable. Car, j’étais persuadée que lui saurait faire ce qu’il fallait.
Je ne m’étais pas trompée. Il revint… J’étais si heureuse qu’un moment, j’avais oublié mon pacte…
Le diable ne tarda pas à venir. Une nuit d’hiver où la neige tombait fortement, il arriva.
Il me dit que ma vie contre la vie de mon aimé serait prise… La faucheuse viendrait me chercher avant l’aube.
Je ne dis rien à mon amour. Et, je vins dans cette vieille maison délabrée pour y mourir. Triste mais pas tant que cela…

celui que j’aimais plus que tout était vivant et, le resterait.
J’étais prête.

Il faisait très froid cette nuit-là.
La faucheuse arriva, rieuse, moqueuse…
Elle me dit que pour commencer elle me prenait ma jeunesse…
En un instant, je sentis mon corps comme aspiré du dedans… de mes mains je vis les rides se dessiner se creusant de plus en plus… mon visage que j’essayais de toucher n’était pas mieux… et, elle rirait de plus en plus fort…
Aucune larme ne coulait de mes yeux devenus secs…
Il était normal pour moi de payer le dû !
Je tombais comme évanouie.
Après un moment, j’ouvris les yeux… pour moi, j’étais morte.
Je me souviens avoir dit : « C’est cela mourir, je suis morte ? »
Là, une voix me parla :
- « Tu n’es point morte… je suis la fée Nature et, j’ai eu juste le temps d’arriver avant que la faucheuse ne prenne ta vie.

J’ai changé ton vœu en un autre. Je lui ai dit ceci :
" Donner sa vie pour une vie, oui c’est très romantique mais c’est aussi égoïste.
Laisse-moi lui infliger un sort pour le respect et, au nom de la Vie. " Lui ai-je dit.
Elle a accepté mais à condition de ne pas te rendre ta jeunesse, ni ta voix en dehors de cette maison.


*

Tu vivras éternellement pour avoir cru pouvoir jouer de ta vie comme d’un jouet mais tu seras la gardienne de ce village…Tu le protégeras en donnant du bien-être à chacun juste par ta présence et, ton regard sur eux.


*

Si l’un d’eux souffre, doute ou ne veut plus continuer le chemin qu’il lui est tracé… tu sauras lui rendre la joie de vivre. »
La « Vieille » se tut. Petit Pierre trouvait très triste cette histoire… Et, pourquoi s’était-elle confiée à lui ?
- « Tu te demandes pourquoi, je te dis tout cela ? »
- « Oui, pourquoi, moi ? »
- « Parce que mon amour, celui pour qui j’ai voulu donné ma vie… il s’appelait : Pierre… Pierre Louvet, premier du nom… ! »

FIN
C.DdeB
© Tous droits réservés.
Catherine Deschamps de boishebert

 

http://www.portail-artistique-francais.com/?q=node%2F1064

 


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Commentaires

Michel 20/01/2013 17:21


Il ne serait pas un peu breton, ce conte là ?


La chute est pas mal du tout !